Les Clamartois s’invitent au conseil de Vélizy
Des Clamartois, dont leur premier magistrat, Philippe Kaltenbach (PS), sont venus, hier soir, protester
contre le projet d’aire d’accueil des gens du voyage à Vélizy . Matthieu Suc | 15.01.2009
Reunis au sein d’un
collectif, ils manifestaient contre le projet d’aire d’accueil des gens du
voyage à Vélizy . Un problème qui, a priori, ne les concerne pas, sauf que le terrain prévu est situé en limite de Clamart, chemin des Charbonniers, et est séparé du reste de Vélizy par l’autoroute
A 86. Ils dénoncent un projet décidé « sans concertation ». La polémique a pris un tour politique. Le maire PS de Clamart, Philippe Kaltenbach, assis au premier rang du public avec son écharpe
tricolore, a affrété deux cars pour que ses concitoyens puissent se rendre au conseil municipal de la commune voisine. Et il a reçu hier le soutien de l’opposition de gauche à la mairie de Vélizy.
« Nous n’avons pas trouvé d’autre terrain pour accueillir les gens du voyage » Le conseiller municipal PS Daniel Zytnicki demande à son rival, le maire UMP, Joël Loison, d’annuler la délibération
prévoyant la construction de l’aire chemin des Charbonniers, sous un tonnerre d’applaudissements du public composé quasi exclusivement de Clamartois. Pourtant, le conseil municipal de Vélizy avait
voté l’an dernier cette délibération à l’unanimité. « Mais il y avait des éléments dont nous n’avions pas conscience au moment du vote, il nous apparaît donc que le conseil municipal a fait une
erreur manifeste de jugement sur ce dossier », déclare l’opposant socialiste. Notamment, selon lui, l’éloignement des gens du voyage des installations municipales et surtout des écoles où leurs
enfants devraient être scolarisés. Ce à quoi le maire, Joël Loison, répond : « Nous n’avons pas trouvé d’autre terrain pour accueillir les gens du voyage. Trouvez-en un et, OK, on l’étudiera. Si
votre projet est retenu, nous annulerons la précédente délibération. Maintenant, je vous attends. Sur ce, la séance est terminée. » Les Clamartois, qui avaient attendu dans le calme pendant plus
d’une heure que se déroule l’ordre du jour du conseil, explosent. Le débat les concernant n’a pas duré dix minutes. Ils apostrophent le maire de Vélizy. « Je vous invite à venir voir dans nos
jardins ! » dit l’un. « On n’a pas été impolis, on a respecté votre conseil, alors écoutez-nous », dit l’autre. Une jeune femme appuyée sur ses béquilles : « Vous ne nous parlez même pas, vous
fuyez ! » Quant aux deux maires, au centre de la foule, ils se sont écharpés, poliment. Au bout d’une demi-heure de débat improvisé, les Clamartois sont repartis, déçus. Le Parisien